Effet des conditions thermo-hydriques accidentelles sur les propriétés mécaniques du béton
Abstract
La prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs nucléaires en France jusqu’à 60 ans exige une démonstration rigoureuse de sûreté, validée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), avec une attention particulière portée aux conditions associées aux Accidents Graves (AG). Ces derniers sont censés entrainer une augmentation significative au sein du bâtiment réacteur de la température (150°C) et de la pression absolue (5,2 bar), en lien avec une forte pression de vapeur d’eau (4,2 bar). Dans cette étude, l’effet de ces conditions thermo-hydriques est examiné. Des essais mécaniques effectués après traitement à 150°C dans un réacteur sous pression montrent une chute significative des propriétés mécaniques par rapport aux éprouvettes témoins non traitées. En contraste, des essais mécaniques menés avec un traitement analogue (150°C) mais sous atmosphère sèche (1 bar de pression de gaz absolue) ne montrent pas de variation significative des propriétés. Ces résultats mettent en évidence la forte influence de l’eau dans la porosité du béton et le possible développement d’un endommagement induit par la vaporisation de cette eau ainsi que la pressurisation du squelette solide. Ces études seront complétées par la suite par une série d’essais visant à caractériser les déformations différées (fluage et retrait) du béton subissant ces conditions accidentelles.