Protection passive incendie des édifices religieux du patrimoine classé - Application au cas des cathédrales et intérêt d’une solution à base de plâtre
Abstract
Suite au sinistre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, la découverte d’une couche de protection à base de plâtre appliquée à l’extrados des voûtes a permis d’expliquer une certaine préservation des pierres calcaires maçonnées. L’ampleur de l’incendie montre, néanmoins, la fragilité de tels édifices et au-delà du grandiose des cérémonies d’inauguration pour célébrer un terme d’une opération exceptionnelle de restauration, les regards se tournent à présent vers les autres édifices construits selon un modèle assez semblable. Loin d’un « plus jamais ça », mais combattons au mieux pour limiter l’inévitable est plus que jamais une priorité. Pour ce type de problématique, les scénarios d’empêchement, de détection et d’intervention des professionnels du feu existent et sont globalement opérationnels pour la plupart des cathédrales. En matière de protection directe des édifices, lorsque les solutions existent, elles sont plutôt actives, tandis que les solutions passives, lorsqu’elles existent, consistent en une couche minérale à base de plâtre dihydraté. Quelle est l’intérêt d’un recours à une protection passive ? Quels sont les apports d’une couche de protection à base de plâtre ? Quelles sont les principales clefs du comportement d’une telle solution ? Quels sont les risques d’une telle solution de protection ? Dans cet article, nous tentons d’apporter des éléments de réponse en nous appuyant sur les travaux conduits au cours de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, en particulier sur des travaux de caractérisation du comportement de matériaux dédiés à la protection passive dans un contexte Thermique, Hygrique, Chimique et Mécanique (THCM) depuis l’échelle de la microstructure et jusqu’à la macrostructure.