Analyse du comportement énergétique de divers matériaux de construction biosourcés à l'échelle du bâtiment
Abstract
Les matériaux biosourcés sont de plus en plus utilisés dans le bâtiment pour leurs propriétés isolantes et leur faible impact environnemental. Néanmoins, leur faible inertie thermique soulève des questions quant à leur performance énergétique globale, notamment dans des contextes climatiques variés. Cet article propose une comparaison à l’échelle du bâtiment de trois parois biosourcées — béton de chanvre, béton de bois et bottes de paille — simulées sous deux climats contrastés : chaud-aride (Doha, Qatar) et océanique (Vichy, France). Deux scénarios ont été évalués : (i) murs à valeur U équivalente pour isoler l’effet de l’inertie thermique, et (ii) augmentation de l’épaisseur pour refléter les pratiques constructives réelles. Les résultats montrent que, bien que très isolants, les matériaux biosourcés présentent des besoins supérieurs à ceux des bâtiments en béton C12/15 isolé, en raison de leur faible inertie thermique. L’augmentation de l’épaisseur améliore les performances en chauffage mais accroît les charges de refroidissement, notamment à Vichy. L’augmentation des besoins en climatisation s’explique par la faible conductivité et la capacité des matériaux biosourcés à piéger la chaleur intérieure. Parmi les matériaux étudiés, la paille montre les meilleures performances en isolation hivernale, tandis que le béton de bois, plus dense, modère mieux les surchauffes estivales. L’étude souligne l’importance d’un dimensionnement adapté au climat, intégrant des stratégies passives pour optimiser l’équilibre entre inertie et isolation dans les bâtiments biosourcés.